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« Surtourisme » : mythes, réalités et stratégies

« Surtourisme » : mythes, réalités et stratégies

L’Organisation Mondiale du Tourisme, en partenariat avec plusieurs autres organismes, a récemment réalisé un rapport sur le « surtourisme ». Dans ce document, le terme est clairement définit, les mythes qui l’entourent sont réfutés, et les stratégies pour le contrer sont expliquées. Retour dans notre article sur les informations à retenir !

 

Le tourisme urbain au centre du débat

Aujourd’hui, il est estimé que 54% de la population mondiale vit en zone urbaine depuis 2015, contre 43% en 1990. D’ici à 2030, cette proportion s’élèvera à 60%, puis 70% en 2050. Lors des dernières décennies, le nombre d’arrivées de touristes internationaux est passé de 25 millions en 1950 à plus de 1,3 milliard en 2017. L’OMT estime que ce chiffre va continuer à croître de 3,3% annuellement en moyenne, pour atteindre 1,8 milliard d’arrivées en 2030.

Le nombre grandissant de touristes augmente l’utilisation de ressources naturelles, exerce une pression sur les infrastructures et a un impact socio-culturel très fort. La relation entre visiteurs et locaux se voit parfois aussi être affectée.

Faire face aux challenges que représente ce type de tourisme de nos jours s’avère être une tâche bien plus compliquée qu’il n’y paraît. C’est pourquoi l’OMT a réalisé cette étude en analysant le tourisme urbain dans huit grandes villes européennes : Amsterdam, Barcelone, Berlin, Copenhague, Lisbonne, Munich, Salzbourg et Tallinn.

 

Quelle définition pour ce terme encore méconnu ?

C’est en 2016 que le mot « surtourisme » (ou « overtourism » en anglais) a pour la première fois été utilisé par Skift, entreprise de médias fournissant des actualités, de recherche et de marketing pour l'industrie du voyage.

Selon plusieurs universités ayant travaillé sur ce sujet, ce terme définirait « l’impact du tourisme sur une destination ou toutes parties de celle-ci, qui influence de manière excessive la qualité de vie perçue par les locaux et/ou la qualité des expériences perçue par les visiteurs de manière négative ».

Selon le Partenariat du Tourisme Responsable, le « surtourisme » se traduit par une transformation « de destinations où les hôtes et les invités, locaux ou visiteurs, estiment que le nombre de visiteurs est trop élevé et que la qualité de vie ou la qualité de l’expérience dans cette zone s’est détériorée de manière inacceptable. À l’opposé, le tourisme responsable permet de créer des endroits où il fait bon vivre et où l’expérience de visite est meilleure ».

 

Des mythes à contester

Le « surtourisme » fait souvent l’objet de fortes accusations de la part de ses détracteurs. La saturation touristique (ou « tourism congestion » en anglais) est le fruit de plusieurs problèmes et il est important de mettre en lumière certains points essentiels.

Foules trop grandes et trop denses dans les rues ou sur les places, routes bloquées, augmentation du niveau sonore, surprolifération d’infrastructures ou d’offres destinées aux touristes sont autant de résultats négatifs du « surtourisme ». Cependant, il n’est pas uniquement causé par un nombre de visiteurs trop grand, mais également par une mauvaise gestion. Il faut que les villes ou les destinations concernées mettent en place des mesures pour rendre l’expérience agréable à la fois pour les locaux et pour les visiteurs.

La congestion de touristes est cependant bien souvent localisée à un endroit précis de la ville plutôt qu’étendue à sa totalité. On peut très bien trouver dans certains quartiers de grandes villes touristiques, des endroits sans aucun visiteur. Il est alors nécessaire d’examiner la nature des lieux visités afin de pouvoir remédier aux problèmes.

La saturation touristique n’est pas un problème lié uniquement au tourisme en lui-même. Deux exemples de marchés sont donnés dans le rapport de l’OMT :

  • celui des transports en commun, qui sont utilisés aussi bien par les visiteurs que les locaux ;
  • et celui de l’immobilier : l’explosion des locations de courte durée est une problématique conjointe au tourisme et à ce marché.

Enfin, l’utilisation de nouvelles technologies peut être un atout pour régler certains problèmes liés au « surtourisme », mais cela ne règle pas tout. Le développement très rapide et très fort du tourisme urbain doit être traité conjointement par tous les acteurs des villes ou des destinations concernées.

 

Pour aller plus loin…

Si vous désirez en apprendre plus à ce sujet, et consulter le rapport complet de l’Organisation Mondiale du Tourisme (en anglais), merci de bien vouloir cliquer sur ce lien !