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À quoi ressemblera le secteur du tourisme en 2040 ?

À quoi ressemblera le secteur du tourisme en 2040 ?

Afin de se préparer aux nombreux changements futurs du domaine touristique, il est nécessaire d’en étudier et d’en analyser les « mégatendances ». L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a réalisé début janvier 2019 une étude permettant de mieux comprendre ce qu’elles représentent ainsi que les impacts qu’elles pourraient avoir. Retour sur les informations clés à retenir.

 

Une « mégatendance », qu’est-ce exactement ?

Ce terme désigne les tendances de notre monde actuel qui seraient susceptibles de transformer la société dans les décennies à venir. Elles traduisent, sur le long terme, des évolutions sociales, économiques, politiques, environnementales et technologiques. Bien entendu, elles peuvent avoir des conséquences considérables à plusieurs niveaux, bien qu’elles se développent lentement. Les experts s’attendent à ce que ces « mégatendances » façonnent l’avenir du tourisme dans les vingt prochaines années, si bien que le secteur s’en verra changé de manière radicale d’ici à 2040... En bien ou en mal.

 

Quatre points primordiaux à prendre en compte !

Sur la base des informations communiquées par les pays membres et partenaires de l’OCDE, les acteurs du secteur et les organisations internationales, la lumière est faite dans ce rapport sur quatre « mégatendances » considérées comme les plus importantes.

  • L’évolution de la demande touristique : dans les pays émergents, les niveaux de revenus et d’étude progressent. La classe moyenne, en pleine expansion, renforcera le pouvoir d’achat des individus et créera de nouveaux marchés touristiques.
    Parallèlement, la population mondiale continue de vieillir, le nombre de voyageurs âgés augmentera avec des besoins et des préférences spécifiques en matière de voyage. Les nouveaux consommateurs, passionnés de technologies, domineront de plus en plus le marché du tourisme.
  • L’essor du tourisme durable : une progression non maîtrisée du tourisme peut avoir des répercussions potentiellement néfastes. On pense notamment aux émissions de gaz à effet de serre, à l’utilisation des terres et de l’eau ainsi qu’une consommation alimentaire déraisonnables, à une dislocation des sociétés traditionnelles ou encore aux impacts négatifs du « surtourisme ». Le tourisme durable est essentiel pour agir contre ces potentiels problèmes.
    Le tourisme est également très sensible aux conséquences du changement climatique et pourrit devenir un rouage de la transition vers une économie peu consommatrice de carbone et sobre en ressources.
  • Les technologies structurantes : l’économie numérique, l’automatisation et l’intelligence artificielle, les chaînes de blocs et la réalité virtuelle augmentée peuvent rendre les voyages plus abordables, plus efficaces et plus accessibles à de nombreux individus.
    D'un autre côté, la possibilité de se déconnecter et de vivre une expérience naturelle pourrait également séduire les touristes.
  • La mobilité des voyageurs : l’augmentation prévue du nombre de touristes, les préoccupations liées à la sécurité, les innovations en matière de transport, ou encore la règlementation aérienne sont autant de facteurs clés du succès et de la croissance du secteur touristique.

Pour chaque « mégatendance », le rapport de l’OCDE fournit une analyse avec les principaux faits et les projections importantes pour l’avenir ainsi que leurs éventuelles implications pour le secteur du tourisme. L’analyse cite aussi différentes incertitudes et s’en sert pour élaborer trois scénarios probables.

 

Comment se préparer ?

Pour se préparer à ces changements massifs dans les années à venir, les responsables publics vont devoir anticiper. Ils devraient mettre en place des démarches systémiques et stratégiques permettant de s’adapter à un environnement évolutif, interconnecté et dynamique.

Pour ce faire, leurs actions doivent être orientées sur trois axes essentiels.

  • Moderniser les cadres réglementaire et législatif : les nouveaux modèles comme les plateformes de covoiturage, de VTC et d’hébergement collaboratif ont mis en avant la nécessité d’élaborer des cadres règlementaire et législatif plus souples et adaptables. La tendance actuelle est plus à la réaction qu’à l’anticipation, qu’il faudra désormais privilégier.
  • Nouer des partenariats avec des intervenants stratégiques : une collaboration plus étroite avec l’industrie touristique serait primordiale ainsi qu’une compréhension approfondie des points de vue des PME, des entreprises naissantes et des opérateurs traditionnels.
  • Chercher des moyens de définir des politiques à l’épreuve des tendances futures : il faudra favoriser une culture de l’innovation et de la gestion du changement. On pourra par exemple avoir recours à des laboratoires d’innovation et de conception, ou bien organiser des exercices de planification de scénarios à long terme. Les responsables chargés du tourisme devront travailler en étroite collaboration avec leurs homologues pour mettre au point des systèmes capables de mesurer et de suivre l’évolution des mégatendances, pour mieux se préparer à leurs effets. Un processus d’analyse prospective à long terme capable de détecter les signaux faibles du changement est primordial. L’ensemble des stratégies et processus décisionnels doivent reposer sur les éléments d’observation, et ne pas découler d’une démarche exclusivement descendante.

Découvrez l’étude intégrale !

Pour répondre aux interrogations qui subsisteraient concernant l’avenir du domaine du tourisme, nous vous proposons de découvrir l’étude complète : https://doi.org/10.1787/b6b7c938-fr.

OCDE (2018), “Analyser les mégatendances pour mieux façonner l’avenir du tourisme”, Études de l'OCDE sur le tourisme, 2018/02, Éditions OCDE, Paris.